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Alexia Guggémos - Le sourire comme carte de visite !

Critique d’art, collectionneuse de sourires, sociologue du numérique, défricheuse, éditrice : bien malaisé de ranger Alexia Guggémos dans une case, tant son parcours se joue des étiquettes. Il existe des métiers que l’on croit connaître sans jamais les avoir rencontrés.

Alexia Guggémos - Le sourire comme carte de visite !
Alexia Guggémos

Critique d’art, collectionneuse de sourires, sociologue du numérique, défricheuse, éditrice : bien malaisé de ranger Alexia Guggémos dans une case, tant son parcours se joue des étiquettes. Il existe des métiers que l’on croit connaître sans jamais les avoir rencontrés. Critique d’art est précisément de ceux-là. Deux mots qui convoquent aussitôt dans l’imaginaire collectif l’idée d’un cercle fermé, d’un vocabulaire abscons et d’une certaine forme d’élitisme... jusqu’à ce que l’on fasse la connaissance d’Alexia Guggémos. Derrière des lunettes rondes, le regard doux et pétillant de celle qui ne dicte pas ce qu’il faut voir, mais invite à regarder autrement. Et ce sourire, jusqu’aux oreilles, radieux, malicieux, contagieux.

« Fruit d’un parcours singulier à la croisée de l’art, de l’écriture et des cultures numériques,Alexia s’attache à mettre en lumière le meilleur de la création artistique contemporaine ».

Revues littéraires, livres d’artistes, chroniques quotidiennes : son travail interroge les relations entre art contemporain,innovation technologique et nouveaux usages numériques. Avec une ambition avouée : surprendre ! GREAT, son dernier projet en date, fait le pari audacieux de s’imposer comme un média culturel indépendant et furieusement vivant. Qu’il s’agisse d’art contemporain, d’intelligence artificielle ou d’architecture futuriste, ce magazine digital décrypte toutes les secousses sismiques qui redessinent notre manière de voir le monde. Loin d’être une arbitre du Beau ou une gardienne d’un savoir réservé à quelques initiés, Alexia n’a de cesse de diffuser la connaissance au grand public, sans jamais la dénaturer. Et cette vocation est née d’une rencontre : celle avec une jeune femme qui n’avait jamais foulé les allées du Louvre. Pour elle, Alexia imagine un parcours à la découverte des plus beaux sourires du musée. Comme une traversée de l’histoire de l’art, de sourire en sourire ! Ce parti pris séduisant prend racine dans sa première rencontre avec l’art contemporain. Alors qu’elle n’a que 7 ans, Alexia découvre sur la table basse du salon le catalogue de l’exposition organisée par André Malraux à la Fondation Maeght. Pour mieux appréhender ses coups de cœur, elle entreprend de reproduire au fusain L’Intendant de Mari, une sculpture sumérienne du troisième millénaire, Le Tentateur inscrit sur la façade de la cathédrale de Strasbourg et le bouddha khmer dit « assis sur le Naga ».

Coïncidence, ils ont tous en commun l’expression marquée d’un véritable sourire... Et parce qu’un sourire en appelle toujours un autre, germe dans l’idée d’Alexia la création de l’un des premiers musées numériques du monde : le Musée du Sourire. Sur cette plateforme en ligne accessible gratuitement, le sourire du Dalaï-Lama figé dans les Rubik’s Cubes d’Invader côtoie le smiley ironique et particulièrement rayonnant de Banksy ou encore le sourire malicieux de Monsieur Chat, le personnage graphique de Thoma Vuille. Devenue une collectionneuse aguerrie pour les besoins du musée, Alexia n’oublie pas l’émotion suscitée par sa première acquisition, une photographie de François Fontaine qui immortalise l’une des sculptures abandonnées à la jungle « Le bouddha d’Angkor ». Et c’est peut-être là le meilleur conseil qu’elle puisse donner aux primo-collectionneurs : s’affranchir de la raison pour n’écouter que leur cœur.

Par Yaël Nacache


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